La spéléo ?

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"Comme dans ce grand vilain trou - On va toujours sans savoir où - Sûr d'y tomber plutôt que d'y descendre - Et que l'on voit au-dessus de soi - Un roc toujours prêt à se fendre - Les curieux pourront s'attendre - D'y trouver tout autre que moi."

Seigneur de Correvon, 1737

Que découvrons-nous sous-terre? Quelle sont nos motivations? Pourquoi ne restons-nous pas au soleil, sur le plancher des vaches?

Pour le commun des mortels, les spéléologues sont de drôles d'individus qui passent de belles journées ensoleillées à s'enfermer dans des "trous" sales et froids, que nos ancêtres croyaient en communication avec l'enfer... De plus la spéléologie ne devient vraiment médiatique que lorsque survient un accident.

Il faut savoir que le sous-sol est peut-être avec les grandes forêts équatoriales l'un des derniers endroit de découvertes intenses sur terre. En effet chaque année des kilomètres de galeries, puits, méandres sont découverts en Suisse et dans le reste du monde... L'Everest des profondeurs n'est certainement pas encore connu et personne ne sait où il se trouvera! La "première", où la première exploration d'une cavité vers l'inconnu, est la motivation essentielle du spéléo-prospecteur-désobeur... Pour d'autres, la visite de cavités connue, constitue leur pratique de la spéléologie.

Le canton de Vaud recèle quelque 2000 cavités naturelles connues à ce jour. On trouve principalement des gouffres, cavités ayant un profil vertical, contrairement aux grottes composées de galeries. Au palmarès actuel du canton de Vaud, le gouffre le plus profond mesure 646 mètres de profond et le réseau le plus long accuse 4728 mètres de développement.

La pratique de la spéléologie en Suisse est encadrée par la SSS. Cette société est constituée de 40 sections locales ainsi qu de membres individuels, pour un total de 1100 personnes.

Mais comment se forment les cavités? Tout commence par une infime fissure existant dans la roche. L'eau de pluie, acidifiée par dissolution du gaz carbonique, va pouvoir attaquer le carbonate de calcium constituant le calcaire, en transformant celui-ci en bicarbonate, composé 30 fois plus soluble. Ainsi, un litre d'eau peut emporter jusqu'à 500 mg de calcaire. Donc, par exemple avec un débit de un litre par seconde va extraire 15 tonnes de roches par année. Et qu'est-ce qu'une année sur l'échelle "temporelle" de la planète! Par la suite cette action chimique va être amplifiée par un procédé d'abrasion dû au sable et aux galets entraînés par l'eau. Une grotte est née... 

 

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Les Puits. Passages verticaux incontournables dans les cavités d'altitude.

Il est nécessaire d'équiper ces passages avec des cordes afin de franchir ces obstacles. Avec une technique adaptée, leur passage ne pose pas de grandes difficultés aux spéléologues.

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Les étroitures. Obstacles redoutables où l'énergie dépensée pour franchir quelques mètres est souvent impressionnante et inhumaine.

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Les méandres. L'équivalent souterrain des canyons. Parfois des dizaines de mètres de haut pour quelques dizaines de centimètres de large. La progression se fait souvent en hauteur où le passage est le plus large.

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Les galeries: ovales, larges, hautes, basses, cupulées, ébouleuses...

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Les salles: parfois de grandes dimensions.

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Les rivières souterraines.

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Les lacs. Parfois profonds...

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Les siphons. Quand l'eau et la roche stoppe la progression du spéléologue... Mais rien ne l'arrête et il reviendra avec des équipements de plongée.

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Les concrétions de calcite, de glace et d'argile...

 Stalactites, stalagmites, draperies, fistuleuses, excentriques, gours autant de termes pour décrire ces merveilles du monde souterrain.

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La glaise. Certaines grottes sont couvertes d'une couche épaisse d'argile glissante et collante... Tout devient alors difficile!

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Les trous souffleurs. En hiver l'air des grottes, plus chaude que l'air ambiant, est expulsée des gouffres d'altitude faisant fondre la neige. Des cratères béants, faisant parfois plusieurs mètres de diamètre, déchirent alors la couverture neigeuses.

Profitant de l'hiver, le spéléologue va chausser ses skis ou ses raquettes à la recherche de ces trous formés dans la neige, car souvent des cavités importantes y sont liées... 

La Société suisse de spéléologie a mis sur pied une structure de sauvetage: le Spéléo-secours suisse. Ces 15 dernières années le Spéléo-secours est intervenu à plus de 40 reprises, secourant pas moins de 100 personnes.

Contrairement aux apparences, le milieu souterrain n'est pas forcément hostile à la vie animale. Certains organismes ne vivent que temporairement sous terre (trogloxène), d'autres le font de façon élective, c'est-à-dire que certains individus d'une même espèce vivent à l'extérieur et d'autres à l'intérieur (troglophiles) et finalement d'autres encore vivent exclusivement sous terre et présentent des modifications morphologiques et physiologiques telles que la perte de la vue, la dépigmentation, le développement et l'allongement des pattes et des antennes. Dans nos régions, on dénombre 500 espèces cavernicoles, telles que les araignées, les pseudoscorpions, les papillons, les crustacées, les mollusques et bien sûr les chauves-souris. De nouvelles découvertes zoologiques sont toujours possibles, telles que la découverte en 1985 de mille-pattes appartenant non seulement à une espèce mais aussi à un genre totalement inconnus.

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